2016 comme 2015 en politique

CPR AM’s strategist Thomas Page-Lecuyer assesses further political issues in 2016, especially those in Spain.

Il était écrit que l’année 2015 serait placée sous le signe du changement politique dans la zone euro.

Elle avait débuté en janvier avec les élections législatives grecques qui avaient vu le parti de gauche radicale Syriza accéder au pouvoir. Huit mois plus tard, de nouvelles élections avaient été convoquées, M. Tsipras devant faire face à la fronde de nombreux membres de son propre parti.

Désireux de conforter sa position, il fut réélu et renforcé à l’issue du scrutin le 20 septembre dernier. Seulement deux semaines après, le paysage portugais se trouvait totalement modifié également, avec une victoire du parti de droite au pouvoir, mais le mouvement du Premier ministre M. Coelho étant mis en minorité à l’Assemblée, le mois d’octobre fut largement chahuté chez les lusitaniens.

C’est finalement une coalition de partis de gauche (le parti socialiste, le bloc de gauche et le parti communiste) qui prit les commandes après le retrait du Premier ministre sortant.

Quelques semaines plus tard, Mme Merkel devait faire face à la gronde de sa propre coalition, des menaces de « putsch » ayant même été évoquées. Heureusement, le dernier congrès de la CDU du 15 décembre dernier a vu la chancelière renforcer sa position et son autorité.

Au regard du dernier scrutin de l’année dans la zone, les élections générales espagnoles, on constate bien que l’année politique 2015 se finit comme elle avait commencé, marquée de nombreuses incertitudes et de chamboulements.

Après des décennies de bipartisme, la péninsule ibérique doit bien se rendre à l’évidence, le vent du changement souffle au regard de la montée en force des nouveaux partis centriste Ciudadanos et de gauche radicale Podemos.

Le Parti Populaire de M. Rajoy sera incapable de gouverner avec les 123 sièges qu’il a obtenu, et une coalition avec les centristes sera insuffisante pour obtenir la majorité de 176 sièges à l’Assemblée. Par ailleurs, une alliance avec le parti socialiste espagnol (PSOE) apparait aujourd’hui inconcevable tant l’antagonisme et les désaccords sont marqués entre ces deux pôles.

D’autre part, le PSOE semble avoir retenu la leçon du parti socialiste grec PASOK qui s’allia à la droite (Nouvelle Démocratie) en 2011, initiative qui entraina la migration de son électorat vers Syriza, à tel point que les socialistes n’obtinrent que 4,6% des voix aux élections helléniques de janvier dernier.

Alors, partant de ce constat, vers où l’Espagne se dirige-t-elle ?

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