Encore une année de surperformance pour les small caps?

Marion Casal est gérante small et mid caps France à Turgot AM.

Alors que l’été a été particulièrement difficile pour le marché actions, les petites et moyennes valeurs ont surperformé les grandes capitalisations boursières.

Sur le marché français, le CAC 40 a chuté de -8.50% sur le mois d’aout, lorsque le CAC Small a vu sa baisse se limiter à -4.22% sur la même période.

Après avoir passé plusieurs semaines à s’inquiéter de la situation grecque, un grand nombre d’investisseurs espéraient pouvoir passer un été tranquille. Mais c’était sans compter sur une dévaluation inattendue du yuan et de mauvaises publications relatives aux chiffres macroéconomiques chinois qui ont clairement ravivé les doutes des investisseurs sur l’état de santé de l’économie chinoise.

L’objectif de croissance du PIB à 7% pour l’ensemble de l’année 2015 parait désormais totalement irréalisable : il reste à savoir maintenant quelles actions les autorités vont mettre en place dans les prochaines semaines afin de stabiliser les marchés (les mesures actuelles peinent à convaincre les investisseurs).

De son côté, la zone euro a publié des PMI encourageants, validant le scénario d’une reprise de l’activité en zone euro.

Dans cet environnement, les small caps françaises et plus largement européennes ont mieux résisté que les grandes capitalisations boursières. Il faut dire que les small caps sont généralement des valeurs plus domestiques que les plus grosses capitalisations boursières.

D’un côté, elles sont moins impactées par la détérioration des indicateurs macro-économiques de la Chine et du Brésil. D’un autre côté, elles peuvent donc profiter de la reprise économique en zone euro.

Il est généralement important de noter que les small caps sont globalement moins impactées par la conjoncture économique mondiale puisque nombreuses d’entre elles évoluent sur des marchés de niche ou que leur croissance est tirée par des éléments plus « particuliers » (exemple : la société GL Events qui organise des évènements sportifs et culturels internationaux dont les Jeux Olympiques de Rio en 2016).

Ainsi, selon la société de bourse Portzamparc, sur son univers de valeurs suivies, la Chine représente moins de 10% des ventes de sociétés.

Certaines small caps sont néanmoins assez sensibles aux ralentissements chinois et brésiliens. C’est le cas notamment du Groupe Seb, qui réalise avec sa filiale Supor, environ 20% de son chiffre d’affaires en Chine.

Les équipementiers automobiles sont également impactés par les mauvaises nouvelles chinoises : en effet, la Chine étant devenu le premier marché mondial de l’automobile, les mauvais chiffres publiés dernièrement (production automobile en Chine en baisse de 10% sur le mois de juillet et ventes de voitures à -5%) ont lourdement pesé sur le secteur.

Malgré une exposition encore limitée dans le pays (exemple : Plastic Omnium ne réalise que 8% de son CA en Chine actuellement), les investisseurs ont peur de voir disparaitre certains relais de croissance pour ces sociétés.

A fin août, le CAC Small et le CAC Mid&Small affichent une performance respectivement de +22.20% et de +13.37% lorsque le CAC 40 ne progresse que 10.89%. Ainsi, après 11 années de surperformance sur les 14 derniers exercices, il est possible que les petites et moyennes valeurs surperforment encore une fois les grandes capitalisations boursières sur 2015 !

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