Sommet climat : Emmanuel Macron voudra donner de la voix

Jean-Philippe Desmartin est directeur de l’Investissement Responsable chez Edmond de Rothschild Asset Management.

La COP23 a donné le ton. A l’occasion du sommet climat qui se tiendra le 12 décembre à Paris, Emmanuel Macron
voudra donner de la voix en dépit de l’absence d’un leadership clair à court terme de l’Europe.

Mi-novembre à Bonn, il a tenu à souligner l’importance des défis financiers pour faire face à l’urgence de la situation. Signal particulièrement alarmant : les émissions de CO2 repartent à la hausse après trois ans de stagnation. Selon un rapport publié le 31 octobre dernier par l’ONU Environnement, l’objectif de limiter à +2°C le réchauffement planétaire d’ici 2100 est clairement remis en cause.

Lors de la COP23, le président français a martelé qu’un effort majeur doit être consenti de la part de tous les pays pour tenir les engagements pris en 2015 lors de la COP21, sous la houlette – à l’époque – de Washington mais aussi de Pékin.

A la suite du retrait de facto des Etats-Unis de l’Accord de Paris, l’Europe a un rôle essentiel à jouer. Le Vieux Continent pourrait-il reprendre le co-leadership aux côtés de la Chine ? Emmanuel Macron a d’ores et déjà appelé à compenser symboliquement l’arrêt du financement du GIEC voulu par Donald Trump.

En l’état, l’impasse politique dans laquelle se trouve toujours l’Allemagne empêche toute prise de position volontariste du côté de Berlin et donc de l’Europe.

En attendant, parmi les questions épineuses, les participants au sommet climat du 12 décembre auront à se pencher sur les moyens de mobiliser les 100 milliards de dollars par an promis en 2015 par les pays développés, à partir de 2020, pour financer la transition énergétique des pays les moins avancés. Les Etats-Unis devaient représenter l’un des plus gros contributeurs.

Quid de ce vide laissé derrière eux, au moins jusqu’à la fin du mandat du président américain ? La priorité sera de rassurer les futurs pays bénéficiaires qui attendent qu’une solution pérenne soit trouvée.

A l’écoute du monde économique, le président français pourrait aussi remettre sur la table le débat sur l’instauration d’un prix plancher de la tonne de CO2. De nombreuses entreprises, investisseurs et économistes soutiennent la mise en place d’un signal prix carbone avec un prix au moins égal à 30 euros (ou dollars).

Au-delà de l’action des gouvernements, Emmanuel Macron entendra probablement inciter l’ensemble des parties prenantes à prendre leurs responsabilités. Bon nombre d’Etats américains, de villes, d’entreprises ont d’ores et déjà affiché leur volonté de poursuivre la lutte contre le changement climatique, en dépit du désengagement de la Maison Blanche.

Emmanuel Macron devrait également inviter les investisseurs, pour la plupart déjà pleinement conscients des enjeux liés au climat, à amplifier le mouvement. Enfin, les ONG seront dans leur rôle en continuant à mettre la pression pour que les choses bougent vraiment à partir de 2020

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