Valorisations : l’Europe n’a pas dit son dernier mot

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Eric Fourrier, head of European Equities at Fourpoints IM, says European equities are still attractive given the strong catch-up potential in the eurozone.

Un marché européen « raisonnablement » valorisé

L’évolution des PE sur les douze prochains mois montre un re-rating rapide des marchés européens, la valorisation de l’Europe se rapprochant de celle des Etats-Unis.

La croissance attendue des bénéfices par action reste cependant bien supérieure au marché américain (14 % contre 1,7 % attendu), supérieure également à la croissance des BPA au Japon (+ 11 %).

Contrairement aux sociétés américaines, les dynamiques sont plutôt favorables aux entreprises européennes : elles bénéficient de la faiblesse de l’euro et de la baisse du coût de l’énergie, de la modération des salaires en raison d’un niveau de chômage encore très élevé.

La situation budgétaire des Etats s’est améliorée, relâchant légèrement la pression fiscale ce qui profite particulièrement aux entreprises françaises.

L’impact du QE n’est pas encore dans les prix

Si l’on compare les réactions des différents marchés aux annonces de QE, nous constatons que le comportement du marché européen est dans la moyenne de ce que l’on a connu aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni.

Prenons le cas du Japon. Si nous comparons l’annonce de mesures additionnelles de QE en avril 2013 avec l’évolution des prévisions de bénéfices des douze prochains mois, nous constatons une très forte corrélation entre les prévisions de BPA et la faiblesse du yen.

Depuis l’annonce du QE, les bénéfices ont été revus constamment en hausse.

En Europe, nous venons tout juste d’entrer dans cette période : les prévisions de bénéfices n’ont pas encore véritablement réagi et il reste encore un écart vis-à-vis de la performance de l’euro.

Deux secteurs à fort potentiel de rattrapage : l’automobile et la construction

Le secteur automobile américain a connu une baisse très marquée mais également un très fort rebond à partir de 2010, lui permettant de dépasser dès 2014 ses niveaux pré-crise. En Europe, la baisse a été beaucoup plus lente grâce au mécanisme de primes à la casse.

Nous sommes aujourd’hui à 20 % en dessous du pic, ce qui laisse entrevoir le potentiel de hausse. Potentiel qui se vérifie dans les chiffres avec un rebond des immatriculations de 8 % sur les quatre premiers mois de 2015.

Le marché de la construction aux Etats-Unis représentait, à son plus haut, près de 10 % du PIB, pour retomber à 6 % aujourd’hui. En Europe, au plus haut le marché de la construction représentait plus de 12 % du PIB pour revenir à moins de 10 % en 2015.

Si nous mettons en parallèle le niveau des mises en chantier actuelles par rapport aux besoins, nous constatons que nous sommes bien en deçà du niveau nécessaire compte tenu des besoins à long terme tirés par la démographie et ce, dans la plupart des pays européens.

Si aux Etats-Unis, le redémarrage est déjà réel, en Europe nous attendons la reprise. Elle sera plus longue et laborieuse mais nous pensons que, compte tenu des besoins, le marché de la construction devrait se reprendre.

Enfin, si nous regardons les marges opérationnelles, nous sommes à un niveau de rentabilité deux fois inférieur par rapport au niveau de 2007 pour la plupart des grands acteurs du secteur.

Et il n’est pas nécessaire de retrouver les volumes d’avant crise pour voir une amélioration très forte des marges : entre temps, les groupes ont drastiquement baissé leurs coûts de production.

Entre consolidation et potentiel de rebond, l’Europe n’a définitivement pas dit son dernier mot.

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