La dette italienne inquiète La Française AM

Face à l’annonce de l’abaissement des notations souveraines européennes, les commentateurs ont souvent adopté une focale française, dit La Française AM. Or les investisseurs institutionnels sont également confrontés au changement de notation de l’Italie.

L’Italie quitte, chez S&P, le secteur A pour rentrer dans le secteur BBB.

Ce changement « n’est pas sans conséquence face à certaines réglementations qui accordent généralement un pourcentage maximum dans cette zone de rating » dit La Française AM.

« La sanction S&P de l’Italie par rapport à la France, nous semble sévère » le groupe a ajouté.

Or la prime de risque souverain de la dette publique italienne reste généreuse, en dépit d’un fort mouvement récent de normalisation, a-t-il dit.

La Française AM trouve que la situation économique est caractérisée par une faible croissance et un taux d’endettement public important qui ont fait des taux italiens un très bon proxy du niveau d’aversion au risque souverain au sein de la zone euro.

La croissance italienne est historiquement faible et les perspectives économiques restent moroses en raison du poids de la dette, du manque de compétitivité et de la rigidité du marché du travail, le groupe a expliqué. Ce sont les principaux obstacles à la croissance qui devrait passer négative en 2012.

Compte-tenu de l’ampleur de la dette italienne (120% du PIB), le niveau de ses taux d’intérêts est bien entendu crucial, a-t-il dit. Les rendements atteints en décembre, supérieurs à 7% sur l’ensemble de la courbe, sont « non soutenables et doivent absolument se normaliser » selon le groupe.

Selon La Française AM, les rendements pourraient se normaliser pour les raisons suivantes :

Le programme d’émissions italiennes 2012 est le plus élevé de la zone euro (220 Mds€)

Les conditions de financement sur le court terme sont en voie d’amélioration très rapide

La part de la dette publique détenue par des investisseurs étrangers est relativement faible : 42% contre une moyenne de 52% pour la zone euro.

Les banques italiennes sont solides mais restent très exposées au risque souverain domestique, leur santé financière dépend fortement de la réussite de la consolidation budgétaire, le groupe a noté:

« Nos convictions nous conduisent aujourd’hui à pondérer significativement la dette italienne en portefeuilles, avec une préférence pour les titres indexés de maturité voisine de 5 ans » le groupe a conclu.

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