Nouvelle poussée d’inflation en novembre en France

Les prix à la consommation, l’indice total comme le sous-jacent, ont progressé de 0,3% sur le mois de novembre. Ces augmentations sont plus importantes que celles prévues, explique Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas.

« Ces augmentations entraînent une nouvelle poussée franche de l’inflation totale (à 2,5% en glissement annuel) et de l’inflation sousjacente (à 1,6%, un rythme toutefois modéré).

« L’énergie, l’alimentation et le tabac contribuent à hauteur de 1,5 point de pourcentage à cette hausse des prix sur 1 an ; les services et les produits manufacturés à hauteur du point restant.

« Un ralentissement de l’inflation est attendu à l’horizon des prochains mois sous l’effet du tassement de la croissance, de hausses moindres des prix alimentaires et de l’énergie et d’effets de base favorables.

« Il y a des hausses que l’on préfère modestes mais celle des prix à la consommation en novembre n’appartient pas à cette catégorie. De 0,3% sur le mois, la hausse de l’ensemble des prix à la consommation est en effet bien supérieure aux attentes (nous tablions sur +0,15%) et, en l’occurrence, ce n’est pas une bonne surprise.

« Cela l’est d’autant moins que cette augmentation ne peut être attribuée à des facteurs saisonniers puisque, en données CVS, elle est identique.

« L’indice sous-jacent a également progressé de 0,3% sur le mois (variation CVS). En glissement annuel, l’inflation totale comme l’inflation sous-jacente continuent donc sur leur lancée et atteignent, respectivement, 2,5 et 1,6% en novembre, un rythme en nette accélération par rapport à octobre et à l’année dernière.

« Il n’y a cependant pas matière à s’alarmer de cette trajectoire qui, d’une part, s’apparente à un retour à la normale pour l’inflation sousjacente (depuis des rythmes inconfortablement bas) et qui, d’autre part, devrait prochainement s’infléchir selon toutes probabilités.

« En dehors des prix des produits manufacturés, stables sur le mois, toutes les autres composantes principales de l’indice ont augmenté (alimentation, tabac, énergie, services), ce qui sous-tend sa progression mensuelle importante.

« La hausse de 2,8% du prix du tabac (après déjà +2,7% en octobre) correspond à l’augmentation qui restait à répercuter (sur +6% au total). Le classement, par ordre décroissant, de la contribution (en point de pourcentage) de ces différents postes à l’inflation en glissement
annuel permet d’identifier les facteurs d’inflation : énergie (+0,8), services (+0,7), alimentation (+0,5), produits manufacturés (+0,2), tabac (+0,1).

« Si, comme on l’attend, la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentaire se tempère à l’horizon des prochains mois, une source importante d’inflation devrait se dissiper.

« Elle sera en partie (et temporairement) remplacée par l’effet de l’introduction d’une TVA à 7% et la hausse du prix du gaz en janvier. Mais compte d’effets de base favorables et du tassement net de l’activité, l’inflation ne devrait quand même plus tarder à ralentir.

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