Que peut-on attendre de la BCE, interroge Philippe Waechter de Natixis AM

Philippe Waechter (illustré), directeur de la recherche économique de Natixis Asset Management et Olivier de Larouzière, directeur de la gestion obligataire euro, discutent l’évolution potentielle de la conjoncture mondiale. La Grèce, L’Italie, le BCE et son nouveau président Mario Draghi, sont les principaux sujets de cette analyse.

L’environnement macroéconomique actuel confirme les craintes de ces dernières semaines : la zone euro est probablement entrée en phase de récession.

À ce titre, les résultats définitifs de la dernière enquête PMI ont été révisés en baisse significative par rapport à la première estimation flash, ce qui montre la rapidité de cette dégradation conjoncturelle. Cette situation détonne défavorablement avec le reste du monde.

Aux États-Unis, les signaux sont plus hétérogènes mais ne révèlent pas spontanément de risques de rupture. Les entreprises ne sont pas optimistes mais elles continuent d’investir. En revanche, les ménages semblent préoccupés, notamment par la question de l’emploi. La faible progression de celui-ci traduit une croissance réduite.

Le principal risque pour l’économie américaine réside dans sa vulnérabilité à un choc exogène en modifiant spontanément les comportements. Ce pourrait être notamment le cas si on assistait à une hausse rapide du prix du pétrole en cas de conflit au Moyen-Orient.

Quant aux pays émergents, la situation reflète une consolidation de la reprise rapide. Ces économies ont besoin de souffler. Le point important est que l’impulsion qu’elles engendraient sur le commerce mondial est moins forte et ne permet plus de soutenir l’activité des pays industrialisés. C’est en cela que la situation des pays émergents est cruciale à court terme.

Si ce support s’affaiblit, les pays industrialisés ne peuvent plus compter que sur leur dynamique interne qui est insuffisamment robuste en raison d’un marché du travail qui tarde à s’ajuster.

Se pose, dans ce cadre, la question d’une politique budgétaire restrictive visant à réduire les déficits publics. Le risque est d’accentuer le ralentissement de l’économie surtout si l’ajustement porte principalement sur les ménages.

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