Signaux contradictoires – La Francaise Asset Management

Regard sur les marches, une lettre mensuelle par La Francaise Asset Management, May 2012.

“En avril ne te découvre pas d’un fil”… Un investisseur absent le mois passé des marchés d’actifs risqués n’observe aucun coût d’opportunité, au contraire!

Il fallait à nouveau se réfugier sur les taux allemands, américains ou… portugais (!) pour engranger quelques plus-values, et surtout rester à l’écart de la plupart des actifs libellés en Euro, pour générer des performances positives.

A l’exception notoire du Portugal, les dettes périphériques sont à nouveau sous-haute pression, tandis qu’au sein des pays-core, la France déjoue les pronostics, les OAT s’avérant résistantes face à la perspective du second tour des élections.

Il faut noter, face à cela, la remarquable résilience des dettes privées, hors financières, ce qui permet aux indices crédit de rester largement positifs sur l’année. Ce regain de tensions a un air de déjà vu et des raisons objectives de se produire, même si certaines amplitudes peuvent paraître excessives :

• L’équation macro-économique mondiale est inchangée avec, en résultante, un niveau global d’activité satisfaisant, mais la dynamique de divergence inter-zones et inter-pays s’accentue. Compte-tenu de l’interdépendance des grandes économies, le rythme de croissance mondiale est donc sur le fil du rasoir, l’Europe jouant évidemment un rôle clef.

• La question de la croissance européenne est donc cruciale, et force est de constater que face à un état des lieux très préoccupant, assorti de perspectives en dégradation, le débat qui s’ouvre en amont et en aval des échéances électorales locales au sein de la zone, est loin d’être clos et de déboucher sur des solutions qui fassent consensus!

Au lendemain du 2e tour des élections françaises, l’échiquier politique européen est en pleine recomposition, et la voie reste à tracer entre tenants d’un “pacte budgétaire” appliqué rigoureusement et partisans d’un “pacte de croissance” qui donne plus de temps à une remise en bon ordre des finances publiques.

Le couple franco-allemand, leader des échanges et promoteur des solutions est à reconstruire sur des bases nouvelles, la BCE est d’ores et déjà au centre du débat et pose pour l’instant des principes orientés vers la réduction des dépenses plutôt que l’accentuation de la pression fiscale, vers l’investissement en infrastructures et le maintien des réformes structurelles sur le secteur productif et le marché du travail.

Le chemin de la convergence économique européenne est donc encore long et incertain, cela augure probablement d’un été peu serein sur nos marchés locaux.

• Car la tenue des engagements budgétaires pris est cruciale pour regagner la confiance des créanciers extérieurs de la zone Euro, à l’heure ou la nationalisation des dettes souveraines du sud marque une pause, les ressources empruntées par les banques locales auprès de la BCE lors des deux opérations de LTRO se tarissant.

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