Solvabilité 2: une époque révolue, dit Groupama AM

Le code des assurances français prévoit que les titres à revenus fixes peuvent être comptabilisés en coûts historiques, avec le postulat qu’ils sont détenus jusqu’à leur échéance, selon des analyses de Groupama Asset Management.

Ce principe est à la base de la gestion dite “hold to maturity” et peut avoir tendance à prioriser, dans les critères de risque, l’absence de risque de défaut sur la volatilité à court et moyen termes.

Ce principe a prévalu jusqu’à l’application des normes IFRS à partir de 2005 et les crises des dettes privées, puis souveraines à partir de 2007. Depuis, la gestion assurantielle a significativement changé et le taux de rotation des portefeuilles a fortement augmenté.

Le principe des normes IFRS est la valorisation de la majeure partie des actifs au bilan à leur juste valeur, et non en coût historique. Ainsi, la prise en compte du “Mark to Market” a renforcé dans les décisions d’investissement le caractère prospectif à horizon plus court que la maturité des titres.

Les crises des dettes privées et souveraines ont également bouleversé la gestion assurantielle avec les récents défauts (Lehman Brothers, Grèce) et la très importante dégradation de l’univers des placements obligataires, crédits ou souverains d’ailleurs.

La réactivité des investisseurs institutionnels est beaucoup plus importante dans le maintien et l’amélioration de la qualité de crédit des portefeuilles.

Si les cessions visaient principalement, dans le passé, à générer des liquidités ou à piloter les résultats comptables pour certains, elles visent désormais surtout à minimiser le risque de signature dans les portefeuilles.

Cet exercice doit bien sûr tenir compte des impacts en rendement et comptables: en plus de la réduction des positions estimées à risque, d’autres cessions visant à générer des plus values peuvent être nécessaires (afin de compenser les pertes).

Enfin l’ensemble des liquidités générées doivent être réinvesties en optimisant les points d’entrée et sur des supports permettant d’améliorer le rendement courant des portefeuilles.

La fréquence de ce type d’arbitrage devrait se maintenir, voire augmenter, avec la mise en place de Solvency 2 : les différents types de risque obligataire (signature, duration…) ont désormais un coût en capital, une variable de plus dans l’optimisation d’un portefeuille obligataire d’assurance!

Solvency 2 confirme ainsi la fin de l’appréhension d’un bilan de compagnie d’assurance en “Hold to Maturity” et introduit définitivement la gestion en “Mark to Market” des portefeuilles.

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