Visez le secteur de luxe, dit Patrice Pailloux, PDG de Somangest

La conjecture économique rend la sélection des actions européennes de plus en plus difficile. Pailloux explique pourquoi le secteur de luxe lui intéresse et donne son avis sur la situation politique actuelle.

Telle une maladie virale, la peur étend son emprise sur les marchés obligataires français et italiens.

Rôdés aux coups de théâtre, les responsables politiques européens n’en finissent plus de leur côté de nourrir les rebondissements les plus rocambolesques.

Du référendum grec d’un Georgios Papandréou déboussolé aux atermoiements italiens d’un Silvio Berlusconi trop attaché au pouvoir, les investisseurs ont souvent balancé entre rire et désespoir.

Certains d’entre eux pourraient aujourd’hui croire que les choses s’améliorent puisque les deux « Intouchables » que nous venons de citer ont quitté la scène. Il n’en est rien tant les marges de manoeuvre de ceux qui vont prendre les commandes de ces deux pays « dominos de la zone euro » sont minces.

Lukas Papadémos, le nouveau Premier Ministre grec, ne devrait par exemple disposer que d’une centaine de jours de mandat, quant à Mario Monti, il aura la lourde tâche de faire passer une potion bien amère pour les Italiens. Ces deux européens issus du sérail auront à se confronter aux électeurs.

De plus, ces changements à la tête de l’exécutif pourraient bien être source d’une plus grande instabilité car ils surviennent finalement au plus mauvais moment pour la zone euro.

Si le plan européen adopté le 26 octobre dernier a apporté des éclaircissements sur la viabilité budgétaire des états et la question de la recapitalisation des banques, il n’a en revanche rien dit ni même envisagé sur la croissance et la restauration de la compétitivité des états membres.

Or, de ce point de vue, force est de constater que les choses vont de mal en pis. Le troisième trimestre s’achève en Allemagne sur un fort repli de la production industrielle. Un constat d’autant plus inquiétant que pour l’ensemble de l’Europe, la production comme le Produit Intérieur Brut n’ont toujours pas retrouvé leurs niveaux de 2008.

Le nouveau gouverneur de la Banque Centrale européenne, Mario Draghi, ne s’y est d’ailleurs pas trompé quand il a déclaré lors de sa première conférence de presse que la zone euro était en récession, même s’il a ajouté que celle-ci était modérée. Tournant le dos à son prédécesseur, il a immédiatement baissé les taux d’intérêt.

Outre-Atlantique, le son de cloche n’est guère plus encourageant. La Fed vient d’abaisser ses prévisions de croissance pour 2012 dans une fourchette 2,5% -2,9% contre 3,3% -3,7% précédemment.

De mauvais augure lorsque l’on se souvient que le pays a dû relever en urgence cet été le plafond de sa dette. Dette dont personne ne parle aujourd’hui mais qui s’apparente désormais à un véritable tonneau des Danaïdes …

Dans ce contexte, nous nous devons de rester prudents et de limiter notre exposition aux actifs risqués. La volatilité des marchés reste encore aujourd’hui une constante à ne jamais négliger.

Au-delà des marchés, le monde continue de tourner et vient de franchir le cap des 7 milliards d’humains.

Un chiffre moins anodin qu’il n’y paraît puisque comme l’a souligné Ban Ki-Moon, le secrétaire général à l’ONU, « désormais tout ce que chacun souhaite pour soi en matière de nourriture, d’emploi, d’éducation sera multiplié par sept milliards », impliquant des taux de croissance élevés et durable pour la décennie à venir dans les pays émergents et une inflation irrémédiable.

Le secteur qui devrait profiter de cette croissance est celui de l’univers du luxe. LVMH, Hermès, Chanel, PPR … ont de beaux jours devant eux.

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